De l’informel dans la circulation des livres

L'intérieur de la librairie dans l'appartement de Nurit Kasztelan

L’intérieur de la librairie dans l’appartement de Nurit Kasztelan

A Buenos Aires, hors des circuits de diffusion traditionnels, des activités littéraires se tiennent dans des lieux plus confidentiels, qui rendent poreuses les frontières entre l’espace public et l’espace domestique.

Dans une ancienne maison typiquement portègne du quartier de Villa Crespo sévit depuis 2010, à Buenos Aires, une librairie spécialisée en poésie et en littérature contemporaine. Forte d’un catalogue composé de titres de plus de cent maisons d’éditions indépendantes nationales et étrangères, Mi Casa Librería atípica fonctionne à huis-clos. Nurit Kasztelan, qui est aussi poète par ailleurs, traite les commandes par courrier électronique et par Facebook. Les livres sont à retirer sur place, « sur rendez-vous », ou bien sont envoyés à domicile. Un système qui permet de contourner les obstacles à la diffusion traditionnelle (coûts, logistique, fiscalité) et injecte une dimension humaine et chaleureuse à des projets destinés à la communauté.

Licenciée en Sciences Economiques, Nurit Kasztelan a aussi étudié les Lettres. « Tout a commencé avec le plaisir de dénicher de bons livres. Je lis beaucoup et je suis toujours en recherche d’auteurs et d’œuvres intéressants. C’est comme ça que j’ai fini par avoir l’idée de devenir libraire. J’ai commencé à proposer des livres de poésie qui venaient de petites maisons d’éditions ».

Petit à petit elle a intégré d’autres maisons et le projet a acquis plus de visibilité parmi ses relations et connaissances. « Avec le temps la distribution s’est améliorée, mais on éditait il y a des années d’excellents livres qu’il était difficile de trouver. Moi je voudrais qu’ici on trouve de tout : de l’ancien, du neuf, du stock hors-catalogue, du rare, des livres d’auteurs », explique Nurit, qui a publié en 2013 son second recueil de poèmes, Lógica de los accidentes.

« Il est important de renouer avec le métier de libraire. Je ne recommande pas ce qui me plait mais j’essaie au contraire de m’adapter au profil du lecteur. Un bon libraire, c’est aussi quelqu’un qui sait chercher. Auparavant je dénichais des perles pour mon propre usage. Désormais c’est pour moi et pour la librairie » conclut-elle.

Parmi ses clients se trouvent des universitaires, des étudiants, des enseignants, des dramaturges, des conteurs, des poètes, etc. Le catalogue virtuel est disponible sur libreriamicasa.wordpress.com, où figure la liste des maisons d’édition. On peut accéder aux livres par titre ou par auteur.

Nurit Kasztelan dirige aussi une maison d’édition indépendante, Excursiones, consacrée au genre de l’essai. Avec son associée, Sol Echeverría, elles ont déjà publié No leer, d’Alejandro Zambra, ainsi que Prosa plebeya de Néstor Perlongher. Chacun des livres est illustré par un artiste différent.

Mi Casa Librería atípica, Buenos Aires
http://www.libreriamicasa.wordpress.com
micasalibreria@gmail.com
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